Un café avec... Victoria

J’ai écouté Love Revolution. J’ai aimé ces sourcils affirmés et ce regard direct sous la couronne de fleurs. Et pour le reste j’ai fait confiance à mon acolyte.

Nous avons échangé quelques mots d’avant concert, elle en poumpoum short baroque bidouillant ses branchements, moi le stress au ventre avant que ça commence.

Il était temps de rencontrer vraiment Victoria Picone. La personne derrière la musique et le look de scène.

 

Pas évident de faire un portrait. J’ai envie de vous donner envie de la rencontrer, de suivre sa musique et de pénétrer dans son univers.

Victoria est une personne rare. Je n’ai pas rencontré beaucoup de jeunes femmes de 22 ans aussi ouvertes sur le monde et les autres. Elle porte en bandoulière l’intime conviction que sa musique peut changer le monde, le rendre meilleur, donner de l’amour.

Jeune ingénue pensez-vous.

Mais je suis convaincue du contraire.

La vie s’est chargée de lui donner des leçons d’humilité et des grandes claques. De tout cela elle tire ses textes, sa musique, et son irréfrénable besoin de liberté. Puisque le pire peut arriver, autant faire confiance et espérer le meilleur.

Et sa bonne étoile lui donne raison : Victoria a souvent rencontré les bonnes personnes au bon moment, saisi des opportunités tombées du ciel.

 

A 12 ans, elle sent que la rigueur du Conservatoire sera une gangue trop étroite. Elle continue donc son apprentissage du piano avec une professeure originale qui lui apprend la composition en toute liberté. A 18 ans, après avoir arrêté en cours d’année un IUT, elle se présente au concourt de DUMiste. Le jury la félicite mais lui refuse l’accès à la formation : elle a du talent qu’il faut utiliser autrement. Pour faire face à cette remise en question, elle part à Londres comme jeune fille au pair, tombe amoureuse de la ville, intègre une faculté en arts de la scène et restera 2 ans dans la capitale anglaise. Elle s’y sent chez elle, fait des rencontres qui aboutiront au clip Love Revolution, réalisé grâce à 150 bénévoles et le soutien de la BBC.

 

 

La révolution de l’amour. Comme souvent en français ça ne sonne pas très bien. Un peu trop mièvre pour faire mouche. Et l’envie de Victoria n’est pas là. En novembre elle coupe ses cheveux et d’un coup se débarrasse de cette image de chanteuse pop mignonne et romantique qu’elle aurait pu avoir. Avec sa couronne de fleurs portée comme une tiare et non comme un accessoire hippy, la jeune femme veut ressembler à une reine, porter haut la noblesse de cœur. Etre à la fois inaccessible - car le message qu’elle porte et la musique sont des forces qui nous dépassent et nous élèvent, et foncièrement humaine et tournée vers les autres. Elle veut donner du sens à la vie, transformer la souffrance en joie, inspirer. Un vrai chemin de vie qui nécessitera intégrité et énergie.

 

Artiste dans l’époque, elle sait bien que pour cela elle doit continuer à construire une image cohérente, s’allier de multiples autres talents. Elle fourmille d’idées, tâtonne, s’interroge sur la possibilité de tout vivre, et c’est fascinant de voir se dessiner au cours de notre discussion les contours de son monde intérieur. Un univers baroque, des couleurs vives, un aigle posé sur un piano, un grand vent de liberté, un trône dans un arbre, des bas reliefs dans une grange basque, un étui à guitare pour seule maison.

 

Avec Gersende Perini, la violoncelliste qui l’accompagnait à La Flaq, Victoria part en mars enregistrer un EP au Canada. A suivre !

 

 

 

 

 

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