Lilith

Lilith, Lilas, lune noire.

J’ai une tendresse particulière pour les rebelles, les insoumises, les « maigres jeunes filles noiraudes et renfermées ». On ne la connaît pas beaucoup, elle qui serait la première femme de l’humanité, façonnée avec la même argile qu’Adam, avant Eve. Elle se terre dans l’ombre, dans le jour qui tombe, immortelle elle ère, chassée de l’Eden par Dieu et son homme.

Julie Recoing lance avec son spectacle une entreprise de réhabilitation. Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre se prend pour Zola et d’un «j’accuse » Lilith est propulsée, au son des guitares basses, au rang des grandes injustices de l’histoire.

Julie est Lilith et Lilith est une femme. Mythologie, histoire d’amour et problématiques de couple, spiritualité, féminisme, traits d’humour et démesure : elle se présente devant nous et simplement raconte. Son histoire, sa révolte, sa colère à fleur de peau. Cette histoire est sombre, terrible et douloureuse, mais c’est surtout un hymne à la vie, à l’ici et maintenant, à ce monde imparfait et cruel, où l’on crie, où l’on meurt, mais qui vaut mieux que d’être éternellement là-bas, dans un eden lénifiant où l’on ne choisit pas car rien n'arrive. Sans le refus de Lilith, sans sa soif d’égalité, sans ce premier drame que fut son expulsion du Jardin, nous n’aurions rien eu à raconter, nous n’aurions pas eu besoin des mots et de la poésie pour réenchanter.

 

Maquette à découvrir du 29 janv au 1er fév 2014 à 20h à Kogan Gallery

Conception et interprétation : Julie Recoing
Musiciens : Etienne Baret, Geoffrey Palisse
Avec le soutien du Fonds Kogan - Recoing
Musique : Etienne Baret
Son : Nicolas Delbart

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